Féminisme, LGBT (beaucoup) et autres (parfois)

mardi 14 juin 2011

(Contre-)Argumentaire pour le mariage homo

L'Assemblée Nationale vote aujourd'hui la proposition de loi du député PS Patrick Bloche pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels. Bon, il y a hélas peu de chances que ça arrive, mais cela a au moins le mérite de faire le point sur l'homophobie en France (et à droite en particulier). Ce que je trouve formidable, c'est que les mêmes qui étaient contre le PACS il y a dix ans le défendent aujourd'hui pour justifier leur opposition au mariage. Après Brigitte Barèges qui compare le mariage homo à un mariage entre animaux, Marine Le Pen qui faisait ce matin sur France Inter un parallèle avec l'autorisation de la polygamie et enfin François Baroin qui se la joue sociologue ami des gays sur le mode "moi j'ai plein d'amis gays et ils veulent pas se marier alors hein ça prouve bien que le mariage gay c'est pas une bonne idée..." on n'a pas fini d'entendre des arguments foireux. Fourbissez vos armes.

Petite liste non exhaustive :

"Qui dit mariage dit famille, enfants, et seuls un homme et une femme peuvent avoir des enfants donc seuls un homme et une femme peuvent se marier"
C'est d'ailleurs pour cette raison que les personnes stériles et les femmes ménopausées ne peuvent pas se marier. Quant aux couples hétéros qui se marient et n'ont pas d'enfants dans les 5 ans, on les force à divorcer. Et ceux qui ont des enfants hors mariage sont obligés de passer devant Monsieur ou Madame le/la Maire. D'ailleurs si ça n'était pas le cas, ce serait vraiment de la mauvaise foi, un faux argument destiné uniquement à discriminer les lgbt.

- "Si on donne les mêmes droits à tout le monde, alors les personnes qui veulent se marier avec leur chien / chat / cochon d'Inde peuvent le revendiquer, pourquoi ils auraient pas le droit ?"
Moi je trouve que les personnes qui pensent à l'argument "animaux" sont franchement bizarres. Qui dit mariage dit adultes, consentement, personnes qui s'aiment (enfin on l'espère). Donc, comparer un être humain doué de raison à un cochon d'Inde jette immédiatement le discrédit sur les capacités intellectuelles de la personne. Sans compter les problèmes que cela poserait : comment être sûr du consentement d'un animal ? Comment distinguer un "oui" dans le miaulement d'un chat ? (Quid du poisson, muet ?) Comment s'assurer que votre caniche connaît bien la fiscalité maritale et saura bien remplir sa déclaration d'impôts ?

- "Si on dit oui au mariage gay, alors il faudra légaliser la polygamie parce que les plygames voudront faire valoir leurs droits !"
A l'évidence, les personnes qui auront recours à cet argument sont nulles en maths. Elles n'arrivent pas à comprendre que mariage entre deux personnes, et ce quel que soit leur sexe, signifie toujours deux personnes, la non-différence des sexes n'étant en aucun cas un multiplicateur. Par ailleurs, ces mêmes personnes n'envisagent la polygamie que sous l'angle "un mari plusieurs femmes".  Or, en raison du principe d'égalité, la polygamie devrait concerner également l'équation suivante : "une femme plusieurs maris". Et ça, croyez-moi, personne n'est prêt à l'accepter ! Donc pas de souci. Enfin, je note juste que celles et ceux qui défendent "la famille" et "les enfants" sont bizarrement opposé-e-s à la polygamie alors que c'est souvent un facteur de hausse de la natalité, ils et elles devraient donc être pour.

- "J'ai plein d'amis gays qui sont contre"
Ça c'est l'argument préféré des hétéros qui veulent se la jouer gay-friendly, tellement ils ont des potes homos tellement ils sont ouverts, tellement ils sont d'accord avec eux. Également appelé le syndrome Catherine Lara, considérer que parce qu'on n'a pas envie de faire quelque chose, alors cette chose devrait être interdite à celles et ceux qui en ont envie, cela s'appelle purement et simplement l'égoïsme. Et ça c'est pas très sympa. On rappellera aussi que l'argument "moi j'ai un ami qui..." est loin de la rigueur scientifique nécessaire à l'élaboration de panels représentatifs. Qui, quand bien même ils le seraient, ne sont pas toujours pris en compte (peine de mort abolie malgré l'opinion publique). Et si ça suffit pas, on rappelle qu'Hitler avait sûrement un ami juif, donc c'est définitivement pourri comme excuse (tant pis pour le point Godwin).

- "Ils ont déjà le Pacs, c'est pareil"
Non ce n'est pas pareil. Les avantages liés au mariage sont plus nombreux. Je vais pas vous faire la liste hein, mais il suffit d'aller jeter un oeil là-dessus (http://www.mariage-civil.fr/mariage-pacs.html). Et si c'était pareil, quel besoin d'avoir deux unions différentes ?! Autant faire la même pour tous, et donc autoriser le mariage.

- "Le mariage c'est un truc d'hétéro bourgeois ringards, je vois pas pourquoi les homos veulent singer les hétéros"
Voir réponse 4. J'ajouterais qu'on ne force pas les homos à se marier hein, on dit juste qu'il faudrait avoir le choix.

-"Les gays ils sont pas fidèles, le mariage c'est pas pour eux"
Oui, parce tous les hétéros, ABSOLUMENT TOUS, sont fidèles.

- "S'ils peuvent se marier alors ils pourront adopter et les enfants c'est un père et une mère"
Dans la mesure où l'on n'est pas obligé-e d'être marié-e pour adopter et où les célibataires peuvent le faire,  je vois pas bien le rapport.

mardi 31 mai 2011

Tous contre le sexisme et l'homophobie... quand c'est chez les autres

Avez-vous remarqué qu'à chaque fois qu'un média parle de sexisme et d'homophobie :

- si les "accusés" sont franco-français, les commentaires se déchaînent contre les femmes / Mai 68 / le féminisme / le MLF / les homos qui s'affichent au lieu re rester discrets ...

- si les "accusés" sont Arabes / Noirs et musulmans de surcroît, les mêmes commentateurs se déchainent à leur encontre en appelant au respect du droit des femmes et des homos

Aujourd'hui, Libération consacre deux articles au sexisme dans la politique française (ici et ici) . Je vous laisse apprécier les commentaires, comme : 

"Les femmes ne sont pas meilleure que les hommes. Elles sont même pires très souvent.
Intellectuellement elles sont rigides , étroites d'esprit et parfois bêtes.
Et elles voient le mal partout."


En revanche, la semaine dernière, Rue 89 publiait un article du Global Voices Online (ici) sur Mana Al-Sharif, cette courageuse Saoudienne qui a conduit sa voiture (alors que c'est strictement interdit aux femmes dans ce pays) et a été emprisonnée. Et là, surprise ! Pas l'habituel "femmes au volant mort au tournant", non, mais un soutien total à la conductrice. Les commentaires sur un autre article, toujours sur Rue 89, au sujet de l'agression sexuelle atroce de la journaliste Lara Logan en Egypte mis en ligne début mai (ici) oscillaient entre compassion pour la reporter et considérations sur le machisme chez les musulmans. Pas ou très peu de blagues salaces contrairement à tout ce qu'on a pu lire sur Nafissatou Diallo, la victime présumée de DSK.

Que faut-il en conclure ? Certes, les droits des femmes se portent mieux en Occident, et en tant que femme lesbienne, je préfère largement vivre ici qu'ailleurs. Mais on est loin, TRES LOIN de l'égalité et c'est absolument insupportable. Pire, sous couvert de dénoncer ce qui se passe ailleurs, et qui est souvent pire, certaines personnes se targuent de défendre "les femmes" parce que ça leur permet de taper sur les Arabes / Noirs / Musulmans. Bizarrement, on entend moins de critiques vis-à-vis de l'Inde où l'avortement sélectif débouche sur un véritable féminicide, mais chut, ils ne sont pas musulmans, enfin pas tous quoi.  Seulement les pseudos-féministes à l'engagement variable nuisent au combat féministe en général, y compris à celui qu'ils prétendent soutenir, puisqu'il n'est pas sincère. Marine Le Pen dénonce le fait qu' "il est mal vu dans certains quartiers d'être homosexuel", mais l'a-t-on entendu critiquer les déclarations scandaleuses de la députée UMP Brigitte Barèges, qui comparait mariage gay et mariage entre animaux pas plus tard que la semaine dernière ?

Les droits des femmes et des homosexuels sont à défendre partout sans aucune distinction, mais ne doivent pas non plus servir à verser dans le racisme ordinaire en faisant mine d'oublier que chez nous, le sexisme et l'homophobie sont toujours bien ancrés. 

mardi 17 mai 2011

Affaire DSK : faites taire Jack Lang et BHL VITE PAR PITIE

Je n'ai absolument pas d'avis tranché concernant la culpabilité ou non de DSK. J'y crois autant que je n'y crois pas. D'un côté les accusations semblent tout à fait crédibles, et de l'autre, on se dit que pour les adversaires du socialiste, et ils sont nombreux, cela tombe à point nommé. Depuis que j'ai appris que la CIA voulait faire croire que Saddam Hussein était gay en tournant des fausses sex-tapes avec un sosie (si si je vous jure, c'est ici), je me dis que tout est possible.  Mais l'agression sexuelle aussi est possible, et on ne peut pas forcément dire que les éléments plaident en la faveur du DSK.

Bref, je n'en sais rien, et j'attends donc que la police et la justice fassent leur travail avant d'émettre le moindre jugement. Mais s'il faut rappeler que la présomption d'innocence est un pilier de la justice dans un pays démocratique, je suis horrifiée par le traitement sexiste de cette affaires par les médias. Si rien ne dit pour l'heure que le président du FMI est coupable, rien ne dit non plus que la femme de chambre n'est pas une victime réelle. Et ça, désolée, mais on ne l'entend pas beaucoup. 

Entre l'autre blaireau de Jack Lang qui déclare dans le 20h de France 2 qu'il n'y a "pas mort d'homme" (on attend donc les déclarations de Lang après qu'il aura subi une fellation forcée avec séquestration et agression sexuelle pour voir s'il est aussi détendu), Nicolas Demorand qui ne peut s'empêcher de souligner dans son édito de Libé que la juge est une femme (sous-entendu du coup elle sera moins clémente hein parce que les femmes ça peut pas être impartiale évidement dès qu'il s'agit de trucs sexuels, contrairement aux hommes qui eux le sont tout le temps), RMC qui s'étonne parce que la femme de chambre ne serait pas séduisante (car, et Berlusconi est d'accord, il n'y a que les mannequins qui se font violer - 75 000 mannequins par an en France, on est vraiment trop des bonnasses dans ce pays) ou encore l'inénarrable BHL qui dans une tribune à gerber se demande pourquoi Tristane Banon, autre victime potentielle de DSK, aurait gardé le silence pendant 8 ans (et connard, tu crois que c'est facile d'en parler ? - ce qu'elle a en plus fait en 2007 ? T'as jamais entendu parler de victimes qui ont tellement honte qu'elles portent plainte des années après ? ),  je suis effarée du peu de cas que les journalistes font de la victime potentielle, mais aussi de ce que cela implique quant à leur façon de considérer les violences faites aux femmes de manière générale. 

vendredi 6 mai 2011

Le kiss-in et la Mosquée

Je suis assez troublée par la non-couverture médiatique du kiss-in lgbt prévu - puis finalement annulé - devant la Grande Mosquée de Lyon demain. A part les sites d'extrême-droite d'un côté et Minorites de l'autre, qui appelait à ne surtout pas y aller, RIEN DE RIEN. Et ce alors que le kiss-in initialement organisé devant Notre-Dame-de-Paris puis déplacé à Saint-Michel pour raisons de sécurité ainsi que celui qui a eu lieu devant la cathédrale Saint-Jean à Lyon, avec des violences de la part d'intégristes catholiques ont fait (heureusement !) grand bruit. Pourquoi cette différence de traitement ?
Je suis d'accord avec Minorités et avec la Lesbian & Gay pride de Lyon : à celui du 7 mai il ne fallait pas se rendre, les organisateurs appartenant vraisemblablement à l'extrême-droite (ce qui est quand même un comble ! ). En revanche, l'hypocrisie et la bien-pensance qui entourent le sujet m'irritent profondément. Parce que personne ne semble relever un fait assez éclairant : pourquoi l'extrême-droite, les mêmes donc que les homophobes qui ont conspué les kiss-in précédents, - organiserait-elle un kiss in lgbt devant une mosquée ? Parce que l'extrême-droite sait pertinemment que les organisations lgbt, par peur d'être taxées de racisme / xénophobie / islamophobie, font dans le deux poids-deux mesures. Taper sur les Catholiques ? Pas de problème. Taper sur les Musulmans ? Pas possible. Comme s'il y avait une homophobie inacceptable et une qui l'était moins, sacrifiée sur l'autel d'un pseudo relativisme culturel. Pour information, les seuls absents à la conférence "Religion , Homophobie, Transophobie" organisée l'année dernière à Paris étaient le Conseil Français du Culte Musulman (même si la présence des autres n'impliquent hélas pas leur tolérance sur le sujet) et les neufs pays dans laquelle l'homosexualité est passible de peine de mort sont tous des pays musulmans (ce qui ne dédouane évidement en rien les pays chrétiens ou autres dans lesquels l'homosexualité est passible de prison). 
Ainsi, soyons clairs, l'homophobie fait partie intégrante de toutes les religions et elle est inacceptable quelle qu'en soit l'origineChoisir de n'en critiquer qu'une seule, c'est décrédibiliser son combat. Et par dessus le marché, c'est être l'idiot utile de l'extrême-droite. Il faut être bien naïf pour penser une seule seconde que ne pas aborder un sujet de peur de faire grimper l'extrême-droite soit la bonne solution. CA NE MARCHE PAS. L'extrême-droite s'en empare, et vu qu'elle est la seule, elle y gagne. Et qu'importe si ses arguments sont minables (merde, l'extrême-droite qui défend un kiss-in lgbt, qui est-ce que ça peut tromper franchement ?!) vu qu'il n'y a pas de contre-arguments. Alors oui, tout comme l'organisation d'un kiss-in devant une église a été une excellente chose, il faudrait un kiss-in devant une mosquée. Et devant une synagogue (en ce qui concerne les bouddhistes, je m'abstiens, j'y connais rien). 
Evidemment, il faut prendre certaines précautions. Oui, dans un contexte d'hystérie gouvernementale autour des musulmans, en organiser un en ce moment n'est pas  forcément une bonne idée. Non, organiser un kiss-in pour dénoncer l'homophobie de la religion musulmane ne doit, en aucun cas, servir à amoindrir celle de la religion catholique (ou  chrétienne en général). Non, et il faut le répéter haut et fort, de même que tous les Catholiques ne sont pas homophobes, tous les Musulmans ne sont pas homophobes. D'ailleurs il y a des associations d'homos chrétiens, juifs et musulmans, et c'est une excellente chose.
Mais faire une distinction pour la même chose sur la base de l'appartenance religieuse s'apparente justement à du racisme, alors que nous devons tous être égaux.

mercredi 13 avril 2011

Sucer ou se faire radier, il faut choisir

Je lis dans Le Parisien que l'acteur Philippe Caubère s'insurge contre la pénalisation des clients des prostitué-e-s. Il trouve ça "abject" (quid de la traite des femmes ? La trouve-t-il abjecte ? On l'ignore). 
Car, sachez-le, Philippe Caubère est un grand humaniste. Parce qu'en fait "Elles prennent soin d'hommes qui pour beaucoup vivent dans une misère sexuelle et une solitude terribles. Ce sont des femmes remarquables." 
Afin de ne pas sombrer tout de suite dans le désespoir le plus complet, je vais partir du postulat selon lequel il ne parle EVIDEMENT que de l'infime minorité des femmes qui ont CHOISI cette voie là en connaissance de cause, ne sont sous la coupe d'aucun proxénète, n'essaient pas juste de payer leurs études, et ne se sont pas retrouvées à vendre leurs corps parce qu'aucun autre boulot à temps partiel rémunéré moins que le SMIC ne leur permettait pas de nourrir leurs enfants, régler leur loyer etc.... Des femmes libres qui font donc ce qu'elles souhaitent de leur corps.

Maintenant qu'on en est là, je m'interroge sur cette histoire de misère sexuelle. C'est marrant hein, mais cet argument je l'entends uniquement quand il s'agit de parler de la vie sexuelle des HOMMES. La misère sexuelle des femmes, bizarrement, personne n'en parle. Alors que je ne vois pas au nom de quoi elles ne pourraient pas réclamer qu'un homme vienne leur faire le cunni dont elles ont envie depuis des années si les mecs esseulés ont droit à leur petit coït.
Cet argument n'est utilisé également que pour la misère sexuelle des HETEROS. C'est pourquoi c'est AUX FEMMES  et A ELLES SEULES qu'on demande de comprendre que merde, machin truc, UN HOMME, il est tétraplégique/ trop moche / n'a pas de chance avec les femmes/ juste en manque, il a pas tiré un coup depuis 2002, c'est quand même normal d'aller lui tailler une pipe non ? Un peu de charité chrétienne que diable !!!
Puisque Philippe Caubère est donc si charitable et trouve tout ceci remarquable, pourquoi ne fait-il pas pareil ? Je lui suggère simplement d'aller faire des gâteries à une femme excitée sans homme pour la satisfaire. Qu'il la trouve belle ou pas, désirable ou pas.
La sexualité est-elle un droit ? C'est certes une merveilleuse fonction de l'être humain, mais au nom de quoi aurait-on le droit absolu et inaliénable de jouir ? Non parce que si c'est le cas, il faut garantir l'accès à ce droit à tous les citoyens et à toutes les citoyennes. Comment ? Avec qui ? Et pourquoi l'accès à ce droit ne serait pas gratuit ? On peut en discuter. Mais dans ce cas-là, incluons toutes les possibilités et parlons de la misère sexuelle des femmes autant que de celle des hommes, et voyons dans les prostituées des hommes comme des femmes, tout en parlant, bien entendu, uniquement de celles et ceux qui l'auront choisi. Vraiment choisi.

Cette question fait écho au récent débat sur les "auxiliaires sexuelles" pour handicapés. Comprendre "prostituées de l'Etat pour  HOMMES handicapés" puisque jamais, dans aucune discussion il n'a été question des FEMMES handicapées, ni question que les hommes handicapés en question puissent être homos et que l'auxiliaire soit un homme. Admettons donc que ça devienne un emploi. Comment va-t-on recruter ? Former ? Passer les entretiens d'embauche ? Un chômeur inscrit à Pole Emploi devra-t-il ou elle accepter ce travail sous peine de se voir radié-e au bout du troisième refus ? "Ecoutez Mme Machin, faire une fellation à un unijambiste et se faire sodomiser par un homme célibataire à Rosny-sous-Bois 3 fois par semaine pour le smic horaire, ça correspond à vos compétences, c'est qu'à 30 mn de chez vous, vous n'avez aucune raison valable de refuser".
Avec un peu de chance cher Philippe Caubère, on pourra même être payé en cachet d'intermittent, ça se trouve ça vous permettra de boucler vos 507 heures en sautant une petite mamie et en suçant un petit papy de temps en temps un jour où vous serez en galère. Remarquable, non ?


mardi 12 avril 2011

Cock & coq (marche des fiertés 2011)

 La prochaine gay pride Marche des Fiertés parisienne comme on dit maintenant aura donc lieu le 25 juin prochain, et l'affiche vient de nous être révélée, ouvrant la voie à une petite polémique. Et franchement c'est vrai qu'ils auraient pu faire mieux. Parce que dans ce coq blanc, moi je vois d'une part un homme (comme d'hab, les lesbiennes passent après), et je vois également le blanc du Français dit "de souche", je vois le coq Le Gaulois bien de chez nous. Or, en cette période sombre où l'on a tendance à stigmatiser ce qui n'est pas tout à fait "de souche", à opposer "les homosexuels et leurs défenseurs fussent-ils d'extrême droite aux salauds de musulmans intégristes", mettre autre chose qu'un symbole du terroir franchouillard aurait été une bonne idée.

Alors je suis pas débile hein, je me doute bien que le truc c'est de dire "on fait partie du même pays que vous" / "on est comme vous" / "on fait partie de la tradition française"/ "on s'approprie les symboles traditionnels et on les détourne, montrant ainsi que les homosexuels sont des Fançais comme les autres", mais s'il fallait vraiment rester dans l'esprit du gallinacé, ben je sais pas, on pouvait pas mettre une poule noire ?

Non parce que c'est bien sympa, mais moi en fait dans cette affiche, je vois "le gay est un gros beauf comme les autres, il aime juste les boas". Un supporter de foot version Cage aux folles quoi. Alors loin de moi l'idée de stigmatiser les personnes traditionnellement associées au terme "folles" qui ont tout à fait le droit de l'être, mais c'est quand même un énième cliché. Dans cette affiche je vois "le pédé il aime les paillettes" ce qui est invariablement ce que montre TF1 dans son sujet annuel sur la gay pride et tend à généraliser l'idée selon laquelle le pd (oui je dis seulement le pd parce que la lesbienne n'existe pas sur TF1 ou alors très ponctuellement dans sa version Gazon maudit) aime le strass, le maquillage, danser en mini-slip sur Mylène Farmer. Mais il a bon goût pour la décoration paraît-il (ce qui peut sembler contradictoire avec ses qualités précédemment citées). 

Non vraiment ça valait vraiment le coup de faire appel à une agence de pub dites donc.

vendredi 1 avril 2011

Inde : 914 filles vs 1000 garçons

Il va falloir arrêter de nous bassiner avec "la plus grande démocratie du monde" quand on parle de l'Inde,  pays qui fonctionne sur la base de castes, et dans lequel le déséquilibre entre garçons et filles se creuse un peu plus chaque année. 914 filles pour 1000 garçons aujourd'hui , contre 927 pour 1000 en 2001 nous apprend un article paru dans Le Monde aujourd'hui, et à lire ici.
Les raisons ? Avortements sélectifs ou encore le fait que .."les parents préfèrent laisser mourir leur fille, qui représente souvent une charge financière aux yeux de la société conservatrice indienne."

Ceci n'est pas un poisson d'avril. Ceci est un féminicide. 

mercredi 30 mars 2011

Bikinis rembourrés et poupées à allaiter...

La mise sur le marché par la marque américaine Abercrombie de soutien-gorges rembourrés taille 8 et 10 ans a provoqué un scandale aux Etats-Unis, tant et si bien que les articles ont été retirés de la vente.  Pour autant, force est de constater que la sexualisation précoce des petites filles est un phénomène qui prend chaque jour un peu plus d'ampleur. 
Première remarque, il s'agit avant tout, encore et toujours DE FILLES. Aucune marque que je sache n'a sorti des slips rembourrés pour gamins de 9 ans histoire de faire croire qu'ils ont un sexe plus gros. Et heureusement d'ailleurs. Pourquoi cette différence ? Pourquoi ces concours de miss débiles durant lesquels des gamines de 5 ans sont maquillées à outrance ? Pourquoi des strings taille 10 ans ? Pourquoi la fille de Tom Cruise et Katie Holmes portait-elle des chaussures à talons à 4 ans ?
On en revient toujours à la même histoire : inculquer à la petite fille la nécessité d'être attirante aux yeux des hommes, comme si c'était le seul, l'unique moyen valable de se réaliser. Sois belle et tais-toi. Mais le pire dans l'histoire, c'est que ce sont LES MERES qui achètent leurs fringues. Parce qu'elles ont tellement intériorisé ce système de pensée qu'elles le reproduisent. Le pire ennemi du féminisme, ce n'est pas forcément l'homme, c'est la femme. Certes, encore faut-il que les personnes qui dirigent les marques vestimentaires aient eu au préalable l'idée saugrenue de proposer ce genre de choses, et il y a fort à parier que ces personnes soient des hommes, étant entendu que les dirigeants des entreprises sont majoritairement des hommes (en l'occurrence, le PDG d'Abercrombie se nomme Michael Jeffreies). Mais lorsque le produit choque, il est retiré, et l'image de la marque en prend un coup. Moralité, si les mères cessaient de sexualiser les corps de leurs filles, on n'en serait pas là. Alors je sais qu'elles ne sont pas les seules responsables : pression sociale, publicité agressive, effet de groupe "machine truc a tel truc" etc.. etc... les leviers du capitalisme sont là pour leur rappeler en plus du lavage de cerveau genré que nous subissons. Mais ce n'est pas une raison. Il ne s'agit pas de jouer les puritaines, mais de rappeler qu'une enfant est UNE ENFANT avec tout ce que cela implique.

Parallèlement à cette tendance, la pédophilie est de plus en plus condamnée (et c'est tant mieux). Franchement je m'interroge : l'hypersexualisation des petites filles n'est elle pas quelque part une excuse pour les abuseurs d'enfants, sur le mode "non mais attendez, elle a peut-être que 8 ans, mais vu comme elle était fringuée, j'ai cru que, enfin vous voyez, etc... etc.....", ce qui n'est ni plus ni moins que le prolongement de la version pour adulte du "elle portait une mini-jupe, il était 4 h du mat' alors bon ben moi j'ai cru qu'elle avait envie quoi...". Un article bouleversant paru dans Minorités ici avance que 20 % des filles (15% des garçons) seraient victimes d'abus sexuels pendant leur enfance. Je ne pense pas qu'il y avait moins de pédophilie avant, quand le string pour fillette et lesdits soutien-gorges n'existaient pas. Je pense qu'aujourd'hui on en parle alors qu'avant on n'en parlait pas autant, ceci allant de paire avec une plus forte réponse judiciaire. Mais je ne peux m'empêcher de voir un lien entre les deux, une tentative d'excuse, ou du moins d'explication, de justification, d'amoindrissement des responsabilités des coupables. 

N'oublions pas pour autant que si la femme doit apprendre dès son plus jeune âge la nécessité de plaire aux mâles, son rôle de mère est au moins aussi important (notamment de par la transmission des valeurs comme celles que nous venons de voir). On apprenait déjà aux petites filles qu'elles allaient devoir faire le ménage comme maman (d'où les fers à repasser, balais, et autres chariots ménagers roses dans les catalogues de jouets), on peut désormais leur inculquer une autre fonction future : l'allaitement ! Grâce à une toute nouvelle poupée (ici) à laquelle la fillette peut "donner le sein". Et la boucle est bouclée.


vendredi 25 mars 2011

ATTENTION NOUVELLE INJUSTICE: l'homophobiephobie

Ah le clergé catholique... A chaque fois qu'il y a une connerie à faire où à dire, ils sont là. Parfois je me dis "non, ils vont pas oser (excommunier un médecin qui a avorté une fillette enceinte après un viol mais pas son violeur / dire que le préservatif aggrave le sida / déclarer que la machine à laver a plus libéré la femme que la pilule / amalgamer homosexualité et pédophilie / etc... etc...) , mais si, le clergé catholique OSE TOUT (et c'est à ça qu'on le reconnaît). Ils racontent tellement de conneries que parfois, j'arrive presque à avoir pitié pour eux, c'est vous dire. La dernière en date, c'est à l'archevêque Silvano Tomasi, qui représente le Vatican auprès de l'ONU, qu'on la doit. Car l'heure est grave figurez-vous, les homophobes sont des victimes, et il faut les traiter comme telles. Plus exactement : «des gens sont attaqués parce qu'ils prennent des positions qui ne sont pas en faveur des comportements sexuels entre personnes de même sexe. Quand ils expriment leurs convictions morales et leur idées de la nature humaine, qui peuvent être aussi des expressions de leur foi religieuse, on les stigmatise, et plus encore: on les vilipende, on les poursuit en justice.»

Non c'est vrai, poursuivre en justice les taré-e-s qui menacent le tout nouveau député brésilien Jean Wyllys lequel a commis, rendez-vous compte, le crime abominable de présenter un amendement à la Constitution visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, c'est vraiment dégueulasse.

Pensez à tous ces homophobes qui ont été envoyés dans des camps de concentration, qui sont condamnés à mort / à la prison parce qu'homophobes, à ces femmes homophobes victimes de viols correctifs, pensez à ces homophobes démis de leurs fonctions pour homophobie (Christian Vanneste, Christine Boutin), pensez à ces ados homophobes qui ont 10 à 13 fois plus de risques de se suicider que les autres, pensez à ces sportifs et à leurs supporters qui ont peur, oui PEUR de révéler leur homophobie ou de crier des slogans homophobes, pensez à ces jeunes homophobes mis à la rue par leurs familles, et j'en passe.

Non vraiment, c'est trop inhumain d'être homophobephobe.




mardi 22 mars 2011

Ta gueule Catherine Lara

J'ai bondi et poussé des hurlements en découvrant l'interview dans Tetu (à lire ici) de notre rockeuse de diamant nationale Catherine Lara, dont tout le monde connaît le surnom mais finalement assez peu les chansons à part son duo naze de chez naze avec Johnny pour la Coupe du Monde de football 2002 (vous savez, quand l'équipe de France n'a pas passé le premier tour ?). 
Catherine Lara, non seulement fait de la musique complètement ringarde, mais est elle-même assez arriérée si on en juge par sa merveilleuse sortie sur le mariage homo : "Le mariage a été fait pour unir un homme et une femme selon moi. "
Mais attention, Catherine, elle balance pas ça à la légère, non, pour dire ça, Catherine, elle a des arguments qui tuent !

- 1°/  "C'est comme une caricature de l'hétérosexualité. Le Pacs existe et c'est formidable".
Alors le coup de la caricature, je suis fan. En quoi demander les MEMES DROITS c'est caricatural ? Et le Pacs, tu crois que tu l'as obtenu comment hein Catherine ? Parce que des gens ont commencé à se battre pour faire valoir leurs droits. Ca me rappelle aussi les propos de l'autre débile de Patrice Eboué, pour qui obtenir le mariage homo, c'est perdre "la spécificité festive de l'homosexualité". Eboué et Lara même combat, les hétéros ils font pas la fête, ils ont des boulots sérieux et tout, alors que les homos ils font la fête tout le temps, ils sont barmans ou artistes ou chanteurs de cabarets, ils sont pas sérieux, ils peuvent pas vouloir faire un truc sérieux comme SE MARIER. Le Pacs, c'est moins sérieux, donc ça passe.

- 2/° "certaines personnes en rêvent, mais personnellement ça ne me correspond pas (...) Si j'avais rencontré l'homme de ma vie, je me serais mariée avec lui. Il se trouve que c'est une femme, donc je me suis pacsée, et je n'ai pas envie d'autre chose."
Le fameux principe du "moi j'aime pas / j'ai pas envie" donc je suis contre, enfin je suis pas pour. Par exemple, tu vois Catherine, je sortirais jamais avec quelqu'un qui aurait 20 ans de plus que moi. Par conséquent, je suis contre le mariage entre personnes avec plus de 19 ans de différence. L'argument est débile parce qu'on peut se marier quelle que soit sa différence d'âge ? Attends Catherine, j'ai mieux, tu vas comprendre. Tu vois, moi, je me verrais pas sortir avec un Noir alors que je suis blanche. Je suis pas raciste hein, mais juste ça m'attire pas. Alors je suis contre les mariages interraciaux. C'est peut-être autorisé aujourd'hui, mais avant, dans certains pays (les Etats-Unis par exemple), c'était interdit. Tu vois où je veux en venir ?

Evidemment, Catherine, elle est pas pour le mariage, alors forcément, elle est pas non plus pour la famille homoparentale. Et là encore, l'argument qui tue : "J'ai eu la chance de grandir dans une famille unie, pleine d'amour, avec mes parents qui se sont aimés pendant 67 ans. Soit je vivais comme eux, soit je vivais différemment. C'est le côté «maman et maman» qui me gêne." Et plus loin " Mais d'un point de vue extrêmement personnel, je ne me vois pas dans ce schéma-là. "

Là encore, l'argument imparable du "c'est pas mon truc". Seulement Catherine, ta life, on s'en tape royalement. Je trouve ça juste complètement aberrant de ne pas être capable de voir plus loin que le bout de son nez, de pas être foutue de dépasser le stade du "ce que j'aime / ce que j'aime pas" individuel  comme mesure de ce qui est bon ou pas pour la société.

Attention, je ne dis pas que parce qu'on est homo, on doit être forcément pour le mariage et l'adoption. Plus exactement si, je le pense, mais je suis prête à accepter que d'autres personnes ne pensent pas comme moi. Mais ce que je n'accepte pas, c'est l'absence totale d'arguments valables, c'est cet égoïsme dans lequel se vautre Catherine Lara. Si seul-e-s les séropositif-ve-s, les sans-papiers, les femmes battues, les handicapé-es devaient lutter pour leurs droits, on en serait où hein ? Tu crois qu'ils auraient beaucoup avancé ?

La peine de mort ? Attends moi je suis pas condamnée à mort, j'ai personne dans ma famille qui l'est, donc je vois pas pourquoi je m'en préoccuperai, jveux dire bon enfin tu vois, je suis pas concenrée donc je m'en fous. Le mariage forcé ? Ben justement, tu sais moi je suis gouine, je peux pas me marier donc je pourrais pas être victime d'un mariage forcé, ça c'est un truc hétéro, donc bon je m'en fous.

Allez Catherine, fais nous plaisir, fais comme les Bleus à la Coupe du Monde de 2002, CASSE-TOI, ou tais-toi, enfin bref, précisément avec des gens comme toi, on n'est pas tous ensemble pour lutter pour nos droits. 


samedi 5 mars 2011

Du viol comme "arme de guerre"

Premier article sur ce blog sur un sujet des plus graves : le viol, et notamment son utilisation dans le cadre de conflits, civils ou militaires.
Un article publié cette semaine sur Rue 89 aborde la question en Côte D'Ivoire, pays actuellement déchiré entre deux camps qui, l'un comme l'autre, tentent d'intimider et d'asservir la partie adverse en violant systématiquement tout individu de sexe féminin âgé de 5 à 70 ans. Oui oui, vous avez bien lu, de 5 à 70 ans. 

Pourquoi cette pratique est-elle inévitable en temps de guerre (s'il est question de la Côte D'Ivoire en ce moment, c'est une donnée valable dans tous les pays et à toutes les époques)  ? En dehors de l'aspect éventuel "j'ai une arme et c'est la guerre, donc je peux en profiter pour assouvir comme je veux mes pulsions en toute impunité", j'y vois le fait que, plus que l'honneur des femmes (dont on n'a que faire), c'est l'honneur des hommes qui est en jeu. C'est dire au camp adverse "je suis plus puissant que toi, je fais main basse sur ce qui t'appartient de fait, ta femme / fille / mère / soeur". Et si la victime tombe enceinte, ce sera du fruit de l'ennemi, qui se multipliera par ce biais, et sera donc numériquement et psychologiquement plus fort.  
Qui plus est, la victime - et donc le déshonneur qui va avec - est généralement rejetée par sa famille et/ou sa communauté, ce qui là encore, affaiblit ladite communauté, en tout cas en terme de nombre. 

Le procès en ce moment en France d'une bande d'ordures qui a violé en réunion une jeune fille dans un RER  aborde une question que l'on peut relier à ce qui se passe lors d'un conflit : l'effet de groupe. Car, avance un avocat, les coupables présumés n'auraient jamais fait ça s'ils avaient été tout seuls. Que le groupe rende plus con, suffit d'aller à un match de foot pour s'en apercevoir, et je crois sans peine que le facteur "qui est le plus viril / a le plus de testostérone / la plus grosse bite / pas peur de se mesurer aux autres" se rajoute à leur bêtise et à leur violence, voire en est le déclencheur dans un certain nombre de cas.

A Haïti, où il n'est question ni de guerre, ni forcément de jeunes décérébrés en manque, le nombre de viols à grimpé en flèche depuis le séisme. Les camps de réfugiés offrent aux prédateurs une concentration de femmes faibles et désespérées, ayant pour certaines d'entre elles perdu leur mari / frère / fils, et la nourriture rationnée s'échange parfois contre des faveurs sexuelles. Comme si le chaos donnait l'autorisation et/ou enlevait tout interdit à des personnes qui, en temps normal, n'auraient jamais fait ça. Et à chaque fois, c'est le plus faible qui souffre. Et les plus faibles, partout, tout le temps, ce sont forcément les femmes.  

Néanmoins, appréhender le viol sous l'angle de conflits armés, d'effets de groupe et de situation exceptionnelle, c'est ne voir que la partie émergée de l'iceberg. Si le viol n'était pas, en temps normal, une donnée constante, il n'apparaîtrait peut-être pas aussi systématiquement lors d'épisodes aussi particuliers qu'une guerre ou un séisme.
D'après un rapport publié par le Sénat et datant de 2008, on estime en France à 50,000 le nombre de viols par an, dont 90% sur des femmes. Seules 8,000 plaintes sont déposées. SOIT UN VIOL SUR SIX. Comment s'étonner que les violeurs agissent en toute impunité en temps de guerre et autres circonstances particulières (mais non atténuantes) si, dans des circonstances normales, 5 sur 6 ne sont pas inquiétés ? Et je vous parle ici de la France, dont le système judiciaire fonctionne à peu près convenablement.
En ce qui concerne les agressions sexuelles dans leur ensemble, 22% des femmes entre 18 et 24 ans en sont victimes (12 % des femmes entre 18 et 59 ans). Soit chaque année, des centaines de milliers de femmes. Qui, dans 75% des cas, connaissent leur agresseur. Le viol n'est pas le fait de psychopathes minoritaires en proie à des pulsions insoutenables qui chassent leur victime dans un parking mal éclairé en pleine nuit. Non, le viol est le fait d'hommes (rarement de femmes) qui connaissent leur victime et ne voient pas d'inconvénient particulier dans le fait de les violer, parce qu'ils vivent dans une société qui a longtemps légitimé - et continue à le faire, économiquement et socialement - la primauté des hommes sur les femmes.
Oh, je sais qu'en disant cela, je prends le risque d'entendre "tous les hommes ne sont pas des violeurs, loin de là", aussi je prends les devants. Non, tous les hommes ne sont en effet pas des violeurs, et les violeurs parmi les hommes - en période "normale" du moins - sont minoritaires. En revanche, les inégalités et la violence faites aux femmes existent réellement (on commence par quoi ? 30 % de salaires en moins, emplois plus précaires, plafond de verre, non représentation dans les instances politiques, répartition des taches ménagères ?), et le viol en est le prolongement logique. Extrême, mais logique.

Ce qui n'empêche hélas pas l'inénarrable Nadine de Rotschild, de nous dire que c'est la façon dont s'habillent les femmes qui est un appel au viol. Comme si ça ne pouvait pas être de la faute des hommes. Mme de Rotschild, vous pensez que c'est parce que les Ivoiriennes se baladent en string qu'elles se font violer ? Qu'il y a moins de viols en hiver parce que les filles sont plus couvertes ? Que la jeune fille qui a pris le RER était forcément en mini-jupe, ce qui excuserait donc ses 8 agresseurs ? Que le viol n'existait d'ailleurs pas avant le string et les jupes courtes ?


Nadine de Rotschild: 'La mode incite au viol'
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